Qu’est-ce que le développement personnel ?

Le développement personnel est devenu en quelques années un véritable phénomène de société. Best-sellers vendus par millions, formations online ou séminaires animés par des coachs à succès, le développement personnel est partout. Apprendre à mieux se connaitre pour devenir une meilleure version de soi-même, voici ce que propose le développement personnel. Mais peut-on croire à cette séduisante promesse ? Dans cet article, je vous propose de définir ce qu’est le développement personnel, d’expliquer ses origines et ses bienfaits, mais également d’aborder les critiques formulées à son encontre. J’explorerai enfin les raisons pour lesquelles il est si populaire depuis quelques années.

Définition du développement personnel 

Le développement personnel consiste à améliorer la connaissance de soi et à développer ses compétences personnelles. Je vous partage un extrait de la définition donnée par Élise Requilé dans le numéro 54 de la revue « Mouvements » paru en 2008, définition que je trouve complète :

« L’expression « développement personnel » désigne à la fois un secteur de l’édition et des services, mais aussi une démarche, ainsi que l’ensemble des pratiques sur lesquelles elle s’appuie. Celles-ci visent l’accroissement des capacités individuelles (confiance en soi, mémoire, gestion du stress, empathie, communication, etc.), de même qu’un sentiment de bien-être et d’épanouissement de soi » (Requilé, 2008, p.67).

On constate ainsi que l’expression « développement personnel » est un terme générique qui tend à regrouper un grand nombre de pratiques.

Origines du développement personnel

Les origines du développement personnel trouvent leurs racines dans une convergence de diverses traditions et philosophies à travers les époques. Comme l’explique Élise Requilé (2008), le développement personnel se nourrit de diverses approches de la pensée orientale, incluant la médecine, les disciplines corporelles et la spiritualité d’Asie et d’Inde. Elles intègrent aussi des théories de la psychologie, des psychothérapies et des médecines douces, ainsi que des éléments de la religion occidentale. Des méthodes d’entretien corporel, comme les gymnastiques douces, font partie de cet ensemble. Le développement personnel intègre ainsi des méthodes anciennes telles que le yoga, le tai-chi-chuan, et des approches contemporaines comme la sophrologie, le décodage biologique et la programmation neuro-linguistique (PNL).

Les bienfaits du développement personnel

Le développement personnel exerce une influence positive sur divers aspects.

Confiance et estime en soi

Les pratiques de développement personnel ont été associées à une amélioration de l’estime de soi et de la confiance en ses propres capacités (Sowislo & Orth, 2013). Grâce à lui, les individus peuvent ainsi renforcer leur croyance en eux-mêmes, ce qui favorise une meilleure gestion des défis et des situations stressantes de la vie quotidienne.

Gestion du stress

En outre, il joue un rôle essentiel dans la gestion du stress. Les pratiques telles que la méditation et la pleine conscience, ont démontré leur capacité à réduire les niveaux de stress et à favoriser une meilleure régulation émotionnelle (Hoge et al., 2018). On peut alors améliorer sa résilience psychologique face aux situations stressantes et cultiver des stratégies efficaces pour faire face aux défis de la vie quotidienne.

Relations sociales

Le développement personnel peut également aider à améliorer les relations sociales et professionnelles. Il favorise une meilleure compréhension de soi et des autres, ce qui peut conduire à des interactions plus positives et empathiques (Brown & Ryan, 2003). Le développement personnel peut ainsi améliorer nos compétences en communication et notre capacité à établir des relations épanouissantes avec les autres.

Objectifs personnels et professionnels

Enfin, il peut aider à atteindre des objectifs personnels et professionnels. Certaines méthodes peuvent aider à renforcer la motivation intrinsèque et la confiance en soi, favorisant ainsi l’engagement et la persévérance dans la poursuite des objectifs (Deci & Ryan, 2000). En intégrant certaines pratiques, les individus peuvent ainsi améliorer leurs compétences, leur productivité et leurs performances professionnelles.

Les critiques à son encontre

Le développement personnel est un domaine qui a connu une popularité croissante ces dernières années. Cependant, malgré les nombreux bienfaits que nous venons d’évoquer, certaines personnes ont soulevé des préoccupations quant à sa nature et à son efficacité.

Efficacité du développement personnel 

Tout d’abord, certaines critiques remettent en question son efficacité. Bien que certaines pratiques de développement personnel aient démontré leur capacité à améliorer la santé physique et mentale, il y a encore peu de preuves scientifiques démontrant l’efficacité de cette approche.

Privilégie les symptômes

Une autre critique envers le développement personnel est qu’il se focalise de façon excessive sur les symptômes corporels au détriment des causes psychologiques et des contextes sociaux et environnementaux plus larges :

« Il apparaît donc que l’approche majoritairement mise en œuvre dans le développement personnel, privilégiant la gestion des symptômes en prenant notamment appui sur le corps et ses manifestations, néglige d’envisager la complexité des conditions de génération de ce malaise, notamment en ce qui concerne l’intrication de facteurs psychologiques et de facteurs liés au mode d’organisation sociale » (Requilé, 2008, p.73).

La compétition 

Dans son ouvrage « Je hais le développement personnel » (2008), le sociologue Robert Ebguy reproche au développement personnel de « favoriser une culture de la compétition sans pitié », et cela au détriment des individus :

« Le coaching fait son beurre sur la misère existentielle, en laissant croire que la vie est une course contre tous les autres et qu’il faut « gagner » – un gain sans réel contenu autre que matériel. Le développement personnel et ses techniques de conditionnement, sous des dehors humanistes, ne sont qu’une tentative de contrôle et de synchronisation des consciences qui font office d’adaptation conformiste » (Ebguy, 2008, p.4).

Un gros business

Finalement, certaines personnes pointent du doigt le côté lucratif du secteur du développement personnel. Selon moi, reprocher aux professionnels du secteur de gagner (beaucoup) d’argent est plutôt malhonnête. Certes, certains coachs « connus » proposent leurs services à des prix indécents, mais ces tarifs ne démontrent en rien un manque d’efficacité ou d’éthique de leur part. Ces derniers profitent de la loi de l’offre et de la demande…et tant mieux pour eux !

Selon moi, le véritable problème se trouve plutôt parmi ceux que je nomme « les gourous du développement personnel ». Agissant ouvertement sur le Net, ces pseudos coachs/thérapeutes crachent un discours vide de sens, souvent culpabilisant, toujours rempli de fausses promesses. Ils prêchent la bonne parole, nous promettant (si l’on reste jusqu’à la fin de la vidéo !) de nous partager leur secret pour mener une vie heureuse ! Et certains vont encore plus loin, développant des discours manipulatoires dont le seul objectif est la mise sous emprise d’une audience en quête de réponses.

Pourquoi le développement personnel est-il si populaire ?

Le succès du développement personnel peut s’expliquer par son message foncièrement optimiste qui affirme que malgré les difficultés, nous avons toujours la possibilité d’améliorer notre vie. Pour y arriver, le développement personnel propose de prendre sa vie en main afin de (re)devenir acteur de son changement. Ce discours très individualiste rejette toute forme de déterminisme, de victimisation et d’attentisme face à une situation donnée, l’individu étant le seul et unique responsable de sa vie (Marquis, 2017).

Son succès peut également s’expliquer par le fait que notre société valorise socialement la responsabilité personnelle face aux événements :

« Aujourd’hui, l’attitude qui consiste à internaliser la responsabilité du changement désiré est dotée d’un important prestige social. Autrement dit, il est bien mieux vu d’adopter face à l’adversité une position de battant qui ne baisse pas les bras qu’une posture de victime plaintive qui attend que les solutions tombent du ciel » (Marquis, 2017, p.43).

Nous pouvons nous demander si cette tendance individualiste de la société est faite pour perdurer ou si une vision plus collectiviste la remplacera à l’avenir. Je n’ai pas la réponse, cependant je constate malheureusement une certaine forme de culpabilisation induite par cet individualisme exacerbé. J’entends beaucoup de discours tels que : « être heureux ne tient qu’à vous » ; « si vous n’appliquez pas les principes de ce livre, vous n’évoluerez pas » ; « si vous voulez rester malheureux, alors ne faites rien », etc.

Poussez les gens à l’action est une bonne chose, les culpabiliser non. Pour moi, ces discours sont délétères, ils contribuent à décourager ceux qui ont le plus de difficultés face au changement. Je leur préfère un discours motivationnel qui soutient, encourage, mais ne culpabilise pas.

Conclusion

Le développement personnel est un domaine complexe qui suscite des réactions diverses. Si certains y trouvent des bénéfices indéniables, d’autres y voient une forme de récupération commerciale ou d’individuation de la société. Dans tous les cas, il est important de garder à l’esprit qu’il ne doit pas être considéré comme une solution miracle à tous les problèmes, mais plutôt comme un outil parmi d’autres pour mieux se connaitre, s’accepter et progresser dans sa vie personnelle et/ou professionnelle.

 

Références

Brown, K. W., & Ryan, R. M. (2003). The benefits of being present: mindfulness and its role in psychological well-being. Journal of Personality and Social Psychology, 84(4), 822-848.

Deci, E. L., & Ryan, R. M. (2000). The « what » and « why » of goal pursuits: Human needs and the self-determination of behavior. Psychological Inquiry, 11(4), 227-268.

Ebguy, R. (2008). Je hais le développement personnel. Eyrolles.

Hoge, E. A., Bui, E., Palitz, S. A., Schwarz, N. R., Owens, M. E., Johnston, J. M., & Pollack, M. H. (2018). The effect of mindfulness meditation training on biological acute stress responses in generalized anxiety disorder. Psychiatry Research, 262, 328-332.

Marquis, N. (2017). Les impasses du développement personnel: L’obsession de la quête de soi. Revue du Crieur, 7, 38-53. https://doi.org/10.3917/crieu.007.0038

Requilé, É. (2008). Entre souci de soi et réenchantement subjectif. Sens et portée du développement personnel. Mouvements, 54, 65-77. https://doi.org/10.3917/mouv.054.0065

Sowislo, J. F., & Orth, U. (2013). Does low self-esteem predict depression and anxiety? A meta-analysis of longitudinal studies. Psychological Bulletin, 139(1), 213-240.

 

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